Avant de passer sous une voiture, quatre points se règlent : la capacité des supports, par chandelle ou pour la paire, les points d’appui du manuel, la nature du sol, et l’ordre des opérations.
Lever une voiture se fait en deux temps, et c'est du second que dépend la sécurité : le cric lève, la chandelle soutient. Tout ce qui se fait ensuite sous la caisse, démonter une roue, décoller un disque, vidanger, repose sur ce second temps. Ce rayon réunit notre comparatif de chandelles, la lecture des capacités que les fiches rendent trompeuse, et les outils du silo qui s'emploient sous un véhicule levé.
Le cric et la chandelle ne font pas le même travail, et l'un ne remplace jamais l'autre. Le cric est un appareil de levage : il monte la voiture jusqu'à la hauteur voulue. Les notices de fabricants le disent sans détour, un cric sert à lever, pas à maintenir une charge levée. Un cric peut descendre ou glisser sous la charge, et rien ne prévient.
La chandelle est un support fixe. Une fois réglée et verrouillée à la bonne hauteur, elle porte la voiture sans mécanisme qui puisse céder sous la charge. C'est elle qui rend possible le travail sous la caisse. La règle qui en découle ne souffre aucune exception : dès qu'une main ou une tête passe sous le véhicule, il repose sur des chandelles, jamais sur le seul cric.
Cette règle ne dépend pas de la durée de l'intervention, ni de l'outil employé. Une clé à choc accélère la dépose d'une roue, elle ne dispense d'aucune précaution de levage. Un changement de roue au bord de la route se fait sans passer sous la voiture ; un changement de plaquettes, une vidange par le bouchon ou une inspection du train roulant, non.
C'est le chiffre le plus important d'une chandelle, et celui que les fiches rendent le plus ambigu. Une paire annoncée à trois tonnes peut porter trois tonnes en tout, ou trois tonnes chacune. Les fabricants ne suivent pas de convention unique, et la différence double la capacité réelle.
Sur les quatre paires de notre comparatif de chandelles, une fiche annonce une capacité totale de 2 721 kilos pour la paire, soit trois tonnes américaines, une autre donne trois tonnes par chandelle, et les deux dernières ne précisent pas. Dans le reste des références relevées, on lit aussi bien « 12 t par paire » que « 3 t par chandelle ». Certaines notices de fabricants donnent d'ailleurs les deux valeurs, une tonne par chandelle et deux tonnes la paire, ce qui est la façon la plus claire de l'écrire.
Elle tient en une ligne : quand la fiche ne précise pas, on compte la capacité pour la paire. Côté marge, la documentation technique fixe un minimum par support : la moitié du poids total du véhicule, avec une réserve en plus. Rapporté à la paire, cela revient à une capacité cumulée égale ou supérieure au poids total. Dans la configuration la plus courante, deux roues restent au sol et la paire n'en reçoit qu'une partie, c'est cet écart qui fait la réserve. Les notices que nous avons consultées ne fixent pas de coefficient chiffré au-delà de cette règle, et elles interdisent toutes de dépasser la capacité marquée.
Pour connaître le poids total autorisé, lisez la rubrique F.2 du certificat d'immatriculation. C'est la valeur à comparer, pas le poids à vide : un véhicule chargé, un SUV lourd ou un camping-car change vite le calcul.
Les crics et supports mobiles relèvent d'une norme européenne, l'EN 1494, et d'après la documentation technique une chandelle qui s'y conforme porte une plaque indiquant la norme et la charge maximale admise. Aucune des quatre fiches de notre comparatif ne mentionne la norme. Ce n'est pas la preuve d'une absence de conformité, une fiche marchande n'étant pas un certificat, mais cela interdit de le vérifier avant l'achat. La vérification se fait donc au déballage : repérer la plaque de chaque support et y lire la capacité gravée. Pour le détail des exigences, seuls les textes officiels dans leur version actuelle font référence.
Une chandelle bien choisie mal placée ne vaut rien. Deux paramètres décident de sa tenue : le point d'appui sous la voiture, et le sol sous la chandelle.
Chaque véhicule a des points de levage renforcés, décrits dans son manuel : longerons, renforts pincés du bas de caisse, berceau, essieu. Ce sont les seuls endroits prévus pour recevoir la charge d'un cric ou d'une chandelle. Ailleurs, une tonne concentrée sur quelques centimètres carrés de bas de caisse déforme la tôle pour de bon, et si elle cède, c'est la voiture qui redescend. Un patin en caoutchouc sur la tête de la chandelle répartit l'appui et protège le point de levage, ce qui évite de marquer la tôle et d'écailler la protection anticorrosion.
Une chandelle ne tient que si son pied tient. Un sol meuble, un gravier, un asphalte ramolli par la chaleur, une dalle fissurée ou une pente légère suffisent à faire basculer ou enfoncer un support. Le sol se juge avant de lever : dur, plan, capable de porter la charge concentrée sous le pied de la chandelle. Les notices de fabricants en font une condition d'emploi, au même titre que la capacité.
Les chandelles s'emploient par paire, et une notice de fabricant que nous avons consultée limite leur usage à une seule paire à la fois, à l'avant, à l'arrière ou sur un côté du véhicule. Lever une voiture entièrement sur quatre chandelles relève d'un autre équipement et d'une autre méthode, que ce rayon ne couvre pas.
Le levage se prépare avant de lever, et se termine après avoir reposé la voiture. Voici l'ordre qui revient dans les notices et dans nos pages.
Le serrage final roue au sol est l'étape qu'on est tenté d'escamoter, alors que c'est elle, et elle seule, qui donne la valeur prescrite. Sur notre relevé de visserie de 500 motorisations, le serrage prescrit pour une roue s'échelonne entre 90 et 140 newtons-mètres selon les modèles. Aucun outil de vitesse ni aucune clé à bras ne sait l'appliquer.
Ce rayon ne compare pas les crics, que notre guide d'achat traite dans le rayon sécurité, mais le choix du cric conditionne tout le reste. Trois familles se partagent le marché, et elles ne servent pas au même moment.
Le cric lève un côté ou un essieu à la fois : sa capacité doit dépasser la charge de ce qu'il soulève, avec une marge. La chandelle, elle, se choisit selon la règle de la paire exposée plus haut. Les deux calculs ne se confondent pas, et un cric largement dimensionné ne compense jamais une paire de chandelles trop juste.
Une chandelle doit passer sous le point d'appui avant qu'on lève davantage le véhicule, et atteindre ce point quand la roue est suffisamment dégagée. Deux cotes le disent : la hauteur basse et la hauteur haute. Sur les fiches de notre comparatif qui les publient, la hauteur basse va de 275 à 295 millimètres et la hauteur haute de 415 à 430 millimètres ; une des quatre fiches ne publie aucune plage, ce qui interdit de savoir avant l'achat si la chandelle convient à votre véhicule. Sur une citadine basse, c'est la hauteur basse qui décide ; sur un SUV ou un 4x4, la hauteur haute. Mesurez la distance entre le sol et votre point de levage, roue au sol, avant de comparer les fiches.
Les chandelles se distinguent aussi par leur système de blocage en hauteur, et le choix se fait selon l'usage.
Une fiche qui annonce « avec sécurité » sans nommer le système ne dit rien d'utile.
Une fois la voiture sur chandelles, les outils du silo s'emploient comme ailleurs, à quelques précautions près que nos pages détaillent. Elles ont toutes un point commun : un effort brutal sur un véhicule levé se transmet aux supports.
Quand la rouille a collé un disque sur son moyeu, ou une jante contre sa portée, seule la frappe les libère. La massette sans rebond concentre l'énergie du coup au lieu de la renvoyer, ce qui permet de frapper moins fort. Sa page donne la méthode : des coups mesurés, répartis sur tout le pourtour, et une voiture qui repose sur ses chandelles.
Une rotule de direction tient dans son logement par un assemblage conique serré depuis des années. Quand elle cède, elle libère d'un coup l'énergie accumulée. Notre page extracteur de rotule explique comment éviter que la rotule soit projetée : on garde l'écrou vissé de quelques filets tant que le cône n'est pas décollé.
Un écrou d'échappement rouillé sur son goujon se trouve justement sous la caisse, près du réservoir et des canalisations. Le casse-écrou le fend sans étincelle ni chaleur, là où la disqueuse et le chalumeau posent un problème de sécurité supplémentaire sous une voiture.
La vidange par le bas suppose de lever, et c'est là qu'intervient la cote que les fiches ne donnent presque jamais : la hauteur du bac de vidange, qui décide s'il passe sous le carter une fois le véhicule sur chandelles. Une pompe à vidange, qui aspire par le puits de jauge, évite le levage sur les moteurs qui s'y prêtent.
Sous une voiture levée, un miroir d'inspection révèle ce que l'œil ne voit pas de face, un flexible de frein fendillé caché par un bras, un suintement au-dessus de la boîte, la rouille d'un longeron, et une lampe d'inspection qui tient seule libère les deux mains.
Le levage traité ici est celui d'un particulier, sur une voiture de tourisme, avec un cric et une paire de chandelles. Le pont élévateur, les tréteaux d'atelier pour véhicule entier, le levage d'un utilitaire chargé ou d'un camping-car relèvent d'équipements et de méthodes qui ne sont pas les nôtres. Sur un véhicule électrique, dont la batterie de traction occupe souvent le plancher, les points de levage du manuel sont les seuls à employer, et aucune chandelle ne se place ailleurs.
Le choix du cric lui-même fait l'objet de notre guide d'achat des crics, dans le rayon sécurité, et le changement de roue au bord de la route, sans passer sous la voiture, d'un guide dédié : vous les trouverez dans le bloc ci-dessous. Le hub outillage auto recense tout le silo, et le hub outillage à main réunit les clés, douilles et extracteurs qu'on emploie sous la caisse.
Quatre paires de chandelles ont été retenues dans le catalogue de notre partenaire marchand, de façon à couvrir les capacités et les modes de blocage courants dans le commerce. Nous avons relevé ce que chaque fiche déclare sur sa capacité, en distinguant ce qui vaut par chandelle et ce qui vaut pour la paire, puis confronté les règles de placement et d'emploi à la documentation technique et aux notices de fabricants. Aucune chandelle n'a été chargée ni manipulée, et aucune plaque d'identification n'a été contrôlée.
Notre indépendance. Aucun lien ne nous unit aux fabricants de crics ou de chandelles. Les liens marchands de ce rayon sont rémunérés : si vous achetez après un clic, une commission nous est versée, sans rien ajouter à votre prix et sans rien changer à la sélection. Notre charte éditoriale précise ces règles.
Cela dépend de la fiche : certaines annoncent la capacité par chandelle, d'autres pour la paire. Si la fiche et la plaque du support ne le précisent pas, comptez-la pour la paire.
Une paire dont la capacité couvre au moins le poids total du véhicule, relevé à la rubrique F.2 de la carte grise. La paire n'en porte qu'une partie, et l'écart fait la réserve de sécurité.
Non. Le cric sert à lever, pas à soutenir. Le véhicule repose sur une paire de chandelles dès qu'on passe dessous.
Non. Seuls les points renforcés indiqués par le manuel du véhicule sont faits pour porter la charge. Posée ailleurs, sous une tôle de carrosserie ou un bas de caisse, la chandelle déforme le métal de façon irréversible.
Avant, roue au sol, d'un quart de tour. Le serrage final se fait aussi roue au sol, à la clé dynamométrique.
Avec la crémaillère, on ajuste plus finement et l'on aligne sans peine les deux supports. La goupille, réputée solide, avance par crans plus espacés. Les deux conviennent, à condition que le système soit nommé sur la fiche.
Pour aller plus loin